Je t'écris d'Ispahan avec une vieille plume argentée trouvée au fond du magasin poussiéreux d'un brocanteur du bazar.
Elle n'est pas vraiment belle pas vraiment grande mais peint des lettres Persanes sur un papier d'Arménie rose aux odeurs d'aventures et de malles de voyage .
Je t'écris de la moitié du monde là ou une colonne entêtée se dresse pour un conquérant oublié défiant un shah éclairé.
Je t'écris du paradis le plus haut pour un dieu sans visage et des prières grisantes à toutes heures du jour et de la nuit.
Je t'écris d'un aimant ou le doute et les certitudes se combattent comme lions et taureaux sur les bas reliefs de Persépolis.
Je t’écris assis, je t'écris debout, même couché, les yeux visant le ciel de mosaïques d'or et d'argent
Je t'écris d'Ispahan là ou même le froid de l'hiver se met à trembler et ou la chaleur de l'été brûle jusqu'au dernier pétale de rose printanier.
Je t'écris d'Ispahan là où les tours crachent le vent comme le ciel crache le feu.
Je t'écris de l'autre monde celui des féeries orientales et de l'amour courtois.
Je t'écris du pays des parfums de bazar, des saveurs enivrantes , des liqueurs odorantes et des vins interdits.
Je t'écris du plus lointain de mes livres quand un Vizir se voulait Shâh et où le Shâh se voulait Roi.
Je t'écris d'Ispahan où les rues sont des histoires et les histoires des souvenirs.
Cette plume argenté qui reflète le croissant de lune sur mes yeux va finir par troubler mes mots et noyer le fil de mes pensées.
Pour ne pas oublier je voudrais enfin terminer par te dire que je t'écris d'hier pour que tu puisses venir demain toucher l'ailleurs.









Et je te lis avec un plaisir infini....
RépondreSupprimerMerci mon amour...
RépondreSupprimerMagnifique "correspondance", lyrique et tendre. Qui me transporte sur les chemins d'Ispahan. Que je découvre.
RépondreSupprimerMerci à vous toutes et tous!
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