mercredi 27 avril 2016

Voyager c'est dur!





Istanbul le 26 Avril 2016

j'adore commencer comme cela. Ça frime un peu non ? Imaginez que je vous écrive Palavas les Flots le, ou Gruissan le...... je suis sur que vous ne prêteriez même pas attention à ce qui suit. C'est pas que je n'aime pas les villes citées (heu ? si quand même !). Mais bon Istanbul la ville mythique, la porte de l'orient, c'est quand même plutôt réussi comme début de message. Ça marque son voyage.
Le problème c'est que je n'ai pas grand chose d'autre à vous raconter donc fallait bien essayer de capter l'attention en commençant fort.
Istanbul n'est qu'un passage sur ma destination suivante, le vrai but de cette année, l'Iran.
J'ai traîné un peu, très mal dormi dans une chambre située tout à coté de la réception, avec un réceptionniste qui parlait au téléphone avec son haut parleur à fond et en fumant toute la nuit. Et je vous promets ça fume beaucoup un Turc ! Encore plus quand il s'emmerde la nuit.
Résultat des courses, très peu dormi et l'impression de me réveiller avec la tronche dans un cendrier géant plein de cendres froides. Un petit café sympa dans le quartier de Galata, un peu de musique traditionnelle turque en fond. Je vais essayer de me réveiller. Le problème c'est que la musique traditionnelle Turque c'est comme l'alcool quand on en abuse ça saoul ! Arrête ta musique stp Mahmoud (prénom très commun en Turquie), sinon mon café va falloir me l'injecter en perfusion.
L'heure du vol pour Téhéran n'est pas terrible, 22H35 (officiellement) en fait décollage 1 heure plus tard et donc arrivée à Téhéran à 5 du mat heure locale sans avoir dormi du tout dans l'avion. Frais comme un poisson oublié au fond d'un placard.
Visa, bagages, taxi je suis à l’hôtel à 6h du matin, les chambres pas encore prêtes. Je commence à fatiguer un peu. Mais une première visite avec un bon petit déjeuner au Grand Bazar me remettra en forme. Une rencontre extraordinaire avec Ali dans sa boutique à thé (voir dernières photos) et c'est reparti.
Allez c'est ma première journée, je vais positiver.

Demain soir départ en train pour Kerman dans le Sud Est encore une nuit dans un transport, en train couchettes ça devrait le faire.
A bientôt
Thierry
Une carte de l'Iran pour me suivre.
 Mosquée du Vendredi dans le Grand Bazar

 Vendeurs d'herbes et d'épices dans une magnifique boutique aux mille parfums.
Le plus petit salon de thé au monde et le plus vieux du Grand Bazar (1960), mon ami Ali m'a confié sa mini boutique le temps d'un photo. Le maître dans son domaine photo dessous.
Sa page FB pour les curieux: https://www.facebook.com/kazemmab

dimanche 24 avril 2016

Lettre à Jean Paul Sartre

"Donc j'étais tout à l'heure au jardin public. La racine du marronnier s'enfonçait dans la terre, juste au-dessous de mon banc. Je ne me rappelais plus que c'était une racine. Les mots s'étaient évanouis et, avec eux, la signification des choses, leurs modes d'emploi, les faibles repères que les hommes ont tracés à leur surface. J'étais assis, un peu voûté, la tête basse, seul en face de cette masse noire et noueuse, entièrement brute et qui me faisait peur. Et puis j'ai eu cette illumination.
Ça m'a coupé le souffle. Jamais, avant ces dernier jours, je n'avais pressenti ce que voulait dire « exister». 
Extrait de: "La Nausée de Jean Paul Sartre"

Ce cher Jean Paul , oui je l'appelle Jean Paul et pas Monsieur Sartre ou Jean Paul Sartre car je crois qu'il aurait apprécié cette familiarité épistolaire.
Cher Jean Paul je disais donc, toi l'homme de la ville, l'homme qui lors de son court séjour à La Rochelle du être rapatrié d'urgence vers sa ville, Paris.
Ce Paris ou il vécu toute sa vie durant. Né dans le 16éme, mort dans le 14éme. A l'urbain que tu étais il a fallu une racine de marronnier dans un jardin public pour nous pondre ce concept d'existentialisme.
Donc pour toi cher Jean Paul l’être pour soi (qui s'oppose à l'en soi en philosophie Sartrienne) se matérialise par un élément issu de la nature: une racine d'arbre et qui plus est s'échappant de la terre.
Là il faut avouer que je suis déçu. Je m'attendais à mieux du fondateur du journal de ma jeunesse (Libération ou Libé pour les intimes) ce journal qui se voulait internationaliste.
Comment à pu te venir l'idée d'Exister par la vue d'une plante!!une racine même!!je n'en reviens toujours pas !
Pourquoi pas au travers d'une tisane Verveine/Camomille ou d'une chèvre genre Monsieur Seguin.
Pour moi, ce qui me donne le sentiment d'exister c'est un verre (une bouteille?) de vin partagée avec des amis, une discussion qui n'en finit pas à la terrasse d'un café déjà soûlé de bruits.
Ce qui me fait exister c'est le cri d'un hall de gare, les gens qui se croisent et colorent mes pupilles dans un aéroport du bout du monde, le chant d'un concert noir de monde.
Oui j'existe dans le mélange des couleurs sur un marché d'Asie, dans une ruelle du Caire ou je buvais mon thé, dans une file d'attente d'un vendeur de pain d'Alep avant que des sauvages ne ruinent ce pays, quand le train asthmatique des montagnes Sri Lankaises s'élance vers une destination presque inconnue.
Ce qui me fait exister cher Jean Paul c'est la vie humaine,quand je regarde les enfants  de ma ville jouer au foot et crier à s'en péter la poitrine,le pas psalmodique d'un moine bouddhiste pour les offrandes à l'aurore, c'est l'odeur des cafés au petit matin, le bruit sec du verre de blanc posé sur un comptoir et le claquement de satisfaction de ma langue au glissement du liquide merveilleux. (Je ne sais pas mais là je sens que j'ai déclenché une petite soif chez certains d'entre vous)
Oui là j'existe ! Pas dans la crainte de la différence,pas dans le regard de gens refermés sur eux par l'éloignement d'autres que soi, pas dans le silence mortel d'une montagne isolée,pas dans un marronnier jaunissant à l'automne.
Pas dans les racines si solides soient elles d'un arbre donnant métaphore à l'ancrage dans un passé par définition jamais connu.
Alors oui cher Jean Paul,je n'ai pas de racines, j'ai deux jambes comme disait René Char et je te promets cher Jean Paul que pendant longtemps encore ils me serviront à exister.
Thierry
PS1: là je réalise que je viens d'engueuler un monstre de la littérature et de la philosophie Française. Désolé.
PS2 : je crois que si je commence ce blog par des considérations philosophiques à deux balles je vais finir par perdre le peu de lecteurs que j'ai !!!
PS3 : Pour savoir ou je suis et ou je vais rendez vous très bientôt sur ce blog mais un indice pour ceux qui ne savent pas encore