dimanche 24 avril 2016

Lettre à Jean Paul Sartre

"Donc j'étais tout à l'heure au jardin public. La racine du marronnier s'enfonçait dans la terre, juste au-dessous de mon banc. Je ne me rappelais plus que c'était une racine. Les mots s'étaient évanouis et, avec eux, la signification des choses, leurs modes d'emploi, les faibles repères que les hommes ont tracés à leur surface. J'étais assis, un peu voûté, la tête basse, seul en face de cette masse noire et noueuse, entièrement brute et qui me faisait peur. Et puis j'ai eu cette illumination.
Ça m'a coupé le souffle. Jamais, avant ces dernier jours, je n'avais pressenti ce que voulait dire « exister». 
Extrait de: "La Nausée de Jean Paul Sartre"

Ce cher Jean Paul , oui je l'appelle Jean Paul et pas Monsieur Sartre ou Jean Paul Sartre car je crois qu'il aurait apprécié cette familiarité épistolaire.
Cher Jean Paul je disais donc, toi l'homme de la ville, l'homme qui lors de son court séjour à La Rochelle du être rapatrié d'urgence vers sa ville, Paris.
Ce Paris ou il vécu toute sa vie durant. Né dans le 16éme, mort dans le 14éme. A l'urbain que tu étais il a fallu une racine de marronnier dans un jardin public pour nous pondre ce concept d'existentialisme.
Donc pour toi cher Jean Paul l’être pour soi (qui s'oppose à l'en soi en philosophie Sartrienne) se matérialise par un élément issu de la nature: une racine d'arbre et qui plus est s'échappant de la terre.
Là il faut avouer que je suis déçu. Je m'attendais à mieux du fondateur du journal de ma jeunesse (Libération ou Libé pour les intimes) ce journal qui se voulait internationaliste.
Comment à pu te venir l'idée d'Exister par la vue d'une plante!!une racine même!!je n'en reviens toujours pas !
Pourquoi pas au travers d'une tisane Verveine/Camomille ou d'une chèvre genre Monsieur Seguin.
Pour moi, ce qui me donne le sentiment d'exister c'est un verre (une bouteille?) de vin partagée avec des amis, une discussion qui n'en finit pas à la terrasse d'un café déjà soûlé de bruits.
Ce qui me fait exister c'est le cri d'un hall de gare, les gens qui se croisent et colorent mes pupilles dans un aéroport du bout du monde, le chant d'un concert noir de monde.
Oui j'existe dans le mélange des couleurs sur un marché d'Asie, dans une ruelle du Caire ou je buvais mon thé, dans une file d'attente d'un vendeur de pain d'Alep avant que des sauvages ne ruinent ce pays, quand le train asthmatique des montagnes Sri Lankaises s'élance vers une destination presque inconnue.
Ce qui me fait exister cher Jean Paul c'est la vie humaine,quand je regarde les enfants  de ma ville jouer au foot et crier à s'en péter la poitrine,le pas psalmodique d'un moine bouddhiste pour les offrandes à l'aurore, c'est l'odeur des cafés au petit matin, le bruit sec du verre de blanc posé sur un comptoir et le claquement de satisfaction de ma langue au glissement du liquide merveilleux. (Je ne sais pas mais là je sens que j'ai déclenché une petite soif chez certains d'entre vous)
Oui là j'existe ! Pas dans la crainte de la différence,pas dans le regard de gens refermés sur eux par l'éloignement d'autres que soi, pas dans le silence mortel d'une montagne isolée,pas dans un marronnier jaunissant à l'automne.
Pas dans les racines si solides soient elles d'un arbre donnant métaphore à l'ancrage dans un passé par définition jamais connu.
Alors oui cher Jean Paul,je n'ai pas de racines, j'ai deux jambes comme disait René Char et je te promets cher Jean Paul que pendant longtemps encore ils me serviront à exister.
Thierry
PS1: là je réalise que je viens d'engueuler un monstre de la littérature et de la philosophie Française. Désolé.
PS2 : je crois que si je commence ce blog par des considérations philosophiques à deux balles je vais finir par perdre le peu de lecteurs que j'ai !!!
PS3 : Pour savoir ou je suis et ou je vais rendez vous très bientôt sur ce blog mais un indice pour ceux qui ne savent pas encore



9 commentaires:

  1. A ton comptoir, partageant virtuellement avec toi un verre de bon vin, 1 lectrice de gagnée, 1 !
    J'attends la suite avec gourmandise.
    Alexandra

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  2. C'est un début très prometteur... Jean Paul et tous ses copains n'ont qu'à bien se tenir... Moi aussi je trinque à ta santé mon amour !

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  3. Bonne route Titi. Hummmm ta photo indice nous fait penser à Malé aux Maldives LOL

    Joelle & Eric

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    1. Oui Eric tu as gagné en voyage au kurdistan Irakien avec un vol sur Afghan Airlines!!!

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  4. Ouais, ben Jean Sol Patre il avait des difficultés pour voir la vie en face, surement l'habitude des BBQ parties où il avait un oeil sur le chien et l'autre sur les merguez. Ce qui ne l'empêchait pas de tirer tout ce qui était juponné, ce qui confirme la maxime "plus le bouc est laid, plus la chèvre l'aime" (ce que mis en pratique Gainsbarre dans la foulée).
    Donc, revenant à nos moutons, il est acquis que ce n'est pas la racine sise face à lui qu'il matait le JSP, mais le cul d'une greluchette assise sur le banc à gauche et de l'autre iris il se délectait tout à droite de l'érotisme suant d'une joggeuse étirant ses longues jambes échappées d'une mini short lui dessinant le camel-toe à la perfection.
    Voilà à quoi tiens l'existensialisme. Qu'en eut il été si à la place des deux donzelles bien gaulées sus-citées il eut s'agit de virils moustachus aux biscotos d'haltérophiles?
    je te laisse à ces méditations
    bon voyage mon Titi sur cette extrémité de continent lointain

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    1. Du coup son existentialisme je l'aime et le comprends mieux!!

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  5. Assez d'accord avec toi pour les couleurs de la vie , les odeurs , les "petits plaisirs " du matin , le mélange des genres et les foules bigarrées ....
    Emplis toi les yeux pour nous en ramener un peu et partage comme tu le fais à chaque fois! biz , Pat et Philippe

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  6. Whaouahhh tu es à fond......Nuit pourrie à Istanbul, court vol de nuit et train de nuit maintenant. A ce rythme le coma te guette... A part le thé quel est ton secret LOL Par contre j'ai l'impression que tu essaies de nous la faire à l'envers. La photo de ton copain Ali c'est toi plus vieux et tu as fait un montage. Mais bon au moins tu ne dépares pas et ton côté Suédois ne se voit pas trop. Ahhhhh tu commences fort.........

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  7. Comme tout cela est bien dit .... ou plutôt bien écrit!!!!!!un vrai plaisir de lire ta poésie qui nous entraîne dans les dédales de ces cités aux noms magiques ...
    merci , on pense à toi et tu nous fais rêver ! biz

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